BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN !

Conformément à ce que nous vous avions annoncé, nous venons par le présent communiqué vous rendre compte de la journée du 23/01/2019 sur la concertation sur l’école inclusive, mise en place par le ministère de l’Education nationale et le Secrétariat d’Etat chargé des personnes handicapées dans les locaux du Comité Nationale Consultatif des Personnes Handicapées (CNCPH).

Cette journée s’est déroulée sur trois moments. :

 I – L’audition des PIAL

II – La restitution intermédiaire des groupes de réflexions

III – La réception des accompagnants d’élèves au Ministère de l’Education nationale.

 I – L’audition des PIAL

Le matin, nous ont été exposés les vertus du Pôle Inclusif d’Accompagnement Localisé (PIAL) et de l’accompagnement mutualisé à travers l’exemple dans un lycée internat nantais qui réunit toutes les filières (générale, technologique et professionnelle) et propose des BTS. Ce lycée a implanté en son sein une Unité Locale d’Inclusion Scolaire, un service Médico-social et une équipe d’accompagnants qui travaillaient en harmonie auprès des élèves. Il n’y avait aucune heure perdue d’accompagnement.

Dans ce merveilleux endroit les accompagnants jouissent d’une meilleure reconnaissance, éprouvent un accroissement de leurs motivations et de leurs intérêts, bénéficient d’une augmentation de leur durée de contrat, vivent des relations épanouies avec les enseignants et où le travail en équipe est favorisé !

Dans le descriptif de ce placement de produit, la parole des élèves, des accompagnants ou des enseignants est absente !

La description idyllique de cette organisation de travail portée par le chef d’établissement est complétée par cette accroche :

accroche pial.pngCependant, l’orateur de ce placement de produit ne spécifie pas le nombre d’heures travaillées par les accompagnants, ni le salaire de nuit !

Une autre accroche pour renforcer l’adhésion est celle sui nous dévoile les vertus du PIAL et de la mutualisation.

L’intérêt de cette accroche réside dans l’usage de l’adjectif « possible » qui traduit bien l’absence de volonté du gouvernement de mettre les moyens financiers nécessaires pour que notre métier devienne attractif et « robuste »

pourquoi les pial.png

II – La restitution intermédiaire des groupes de réflexions

L’après-midi, les différents groupes de la concertation ont exposés leurs réflexions de travail.

Il est intéressant de rappeler que cette concertation est composée de trois groupes de réflexions : les membres du CNCHP, les associations de parents d’enfants en situation de handicap et les accompagnants d’élèves en situation de handicap.

Depuis le 22/10/2018, date du lancement de la concertation, chaque groupe se réunit sans intercommunication inter-groupes.

Peut-on alors s’étonner que le groupe parents et le groupe CNCPH aient travaillé sur le même sujet : la révision du Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS). Il ressort de ces réflexions séparées un besoin de simplification à travers la suppression des documents administratifs qui apportent de la confusion, notamment la disparition du GEVASCO et du document de mise en œuvre du PPS pour ne garder que le PPS.

nouveau pps

Le groupe des membres du CNCPH s’est toutefois distingué en recherchant des pistes pour le second employeur voulu par le ministère de l’Education nationale, à savoir un groupement d’association employeur, des associations agrées par la Caisse d’Allocations Familiales

D’autre part, tandis que chacun de ces deux groupes a pu se réunir deux ou trois fois depuis le 22/10/2019, sur une durée de neuf heures, le groupe des accompagnants d’élèves en situation de handicap, au moment de cette journée de restitution intermédiaire, n’avait bénéficié que de deux heures de rencontre.

Nous, les collectifs AESH Ile-de-France,  AESH 59-62 et AESH Loi 2005, avons exposé nos conditions de travail et nos revendications mais nous avons surtout dénoncé l’organisation de cette concertation qui n’en est pas une et nous nous sommes étonnés de l’absence du corps enseignant dans ladite concertation.

« Mesdames, Messieurs,

Nous avons fait le choix aujourd’hui d’avoir une expression commune de l’ensemble des collectifs AESH invités à la concertation menée par le SEPH et le MEN.

La première chose que nous souhaitons dire c’est le grand regret que tous les acteurs de l’école inclusive n’aient pas pu échanger avant ce jour, l’organisation ayant été planifiée pour que nous n’échangions pas et du coup a vidé de sens le concept de concertation.

Nous ne sommes pas satisfaits de ces groupements de paroles en parallèles qui nous ont finalement empêché de construire quelque chose en commun.

Nous continuons de nous interroger sur la perception qu’ont les organisateurs de cette concertation sur chacun des acteurs de l’école inclusive, les parents, les enseignants et les accompagnants, à savoir s’ils seraient en capacité d’échanger intelligemment.

Alors nous avons exposé séparément et nous, accompagnants, avons reformulé les revendications que nous soumettons au gouvernement depuis plus d’un an.

Nous avons évoqué nos appréhensions vis-à-vis du PIAL en dehors de tout cadre juridique et budgétaire, notre inquiétude sur la mutualisation forcée en réponse aux injonctions de la Cour des Comptes au détriment du bien-être et à l’épanouissement de nos élèves. A travers les PIAL, ce qui prévaut semble-t-il est la logique comptable imposée par le Ministère des Comptes Publics, c’est-à-dire répondre quantitativement à la demande inflationniste des besoins en accompagnement des élèves plutôt que qualitativement.

Bien que la déprécarisation des accompagnants soit le leitmotiv du gouvernement, celui-ci n’a jamais envisagé rendre concret son concept de contrat “robuste “en augmentant nos salaires, en nous offrant une véritable formation et en nous sécurisant à travers un statut stable et attrayant.

Nous avions demandé à échanger avec les représentations syndicales, seules habilitées à être reçues au CTM, mais en vain.

Et, ce n’est pas sans insistance que nous serons finalement reçus au Ministère tout à l’heure et que nous aurons moins de deux heures pour nous exprimer et réitérer nos revendications !

Pour finir et pour revenir à cette concertation, pour que ce sentiment de duperie qui nous assaille se dissipe, nous demandons à ce que cette concertation se poursuive mais cette fois-ci en organisant des rencontres communes avec tous les acteurs de l’école inclusive : parents, enseignants, accompagnants. Faites-nous confiance : nous sommes des adultes intelligents et conscients des enjeux d’une école inclusive qui instaurera enfin l’équité entre tous les élèves, sans pour autant laisser sur le chemin les travailleurs que nous sommes.

Pour finir, en dehors de cette concertation, les récents propos du ministre ont eu de quoi nous alerter, avec encore un nouveau concept : le partage salarial. En effet, que recouvre cette appellation ? Quelle sera la part de financement dévolue à l’État ? Aux communes ? D’autres collectivités seront-elles mises à contribution ? Qu’en sera-t-il des communes ou autres n’ayant pas le budget nécessaire ? Y aura-t-il un système de péréquation ? Si oui, selon quelles modalités ? Si, les besoins en heures hors système éducatif sont insuffisantes, comment assurer les 35 heures annoncées pour les AESH ?  Le gouvernement s’engage-t-il à faire disparaître totalement les temps incomplets imposés ? Si oui comment ? Pourquoi, les représentants des élus locaux ne font-ils pas partie intégrante de cette concertation ? »

III – La réception des accompagnants d’élèves au Ministère de l’Education nationale.

Suite à cette restitution, nous nous sommes rendus au Ministère de l’Éducation nationale où nous avons été reçus, deux heures, par le chef de bureau de la scolarisation des élèves handicapés, le responsable du socle de compétence et la conseillère sociale de l’Éducation nationale

Bien sûr ces interlocuteurs n’étaient pas les bons !

Ils nous ont écouté deux heures, pris des notes.

Nul personnel des Ressources humaines de l’Education nationale pour nous entendre !

Dans ce Tartuffe gouvernemental, leur avons tout de mêmes remis nos revendications, sur un malentendu ils pourraient la transmettre à la direction des ressources humaines de l’Éducation nationale.

 Tomber de rideaux

Afin de parachever cette comédie en trois actes, nous aurons droit à notre troisième réunion comme les deux autres groupes. Cette dernière réunion se tiendra le lundi 4 février 2019 de 14h à 17h.

Le 11 février 2019, date anniversaire de la loi de 2005, le ministère de l’Education et le secrétariat d’Etat aux personnes handicapées s’autocongratuleront sur les travaux constructifs de cette concertation ! Et ils diront tous les efforts produits pour améliorer le sort des accompagnants d’élèves en situation de handicap, alors qu’il y aura eu « Beaucoup de bruit pour rien »

Nous continuons donc à dénoncer cette mascarade qui tient lieu de concertation !

LOGO AESH LOI 2005-

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